La grotte de LASCAUX

- 20.000 ans av J-C

La licorne

 

On nomme cette figure la licorne à cause de ses longues cornes rectilignes

Le corps a été peint par soufflage des pigments  et les cornes ont été tracées au pinceau

La tête pourrait être celle d'un félin, mais le garrot fait penser à un ours

Les cercles sur son ventre évoquent une peau de lynx

Volonté de rendre le mouvement et la profondeur

Zones laissées en réserve au niveau des pattes : le peintre utilise le support calcité blanc comme une couleur complémentaire

Cela crée un effet de profondeur qui anime l'animal aux courbes ondulantes et contraste avec les cornes rectilignes et parallèles

Cette figure  arrive juste après un petit cheval noir : à Lascaux les figures s'imbriquent parfois les unes dans les autres

 

 

Les aurochs

 

L'aurochs, ancêtre du taureau, a disparu au début du 17ème siècle

A Lascaux c'est l'animal le plus monumental : celui de droite mesure plus de 5.50 m

Le tracé est sans repentir d'un bout à l'autre

Les contours noirs sont effectués au pinceau ou par tamponnage

Les membres inférieurs sont réalisés par soufflage de pigments

La tête de l'animal est placée de profil  tandis que les cornes et son avant-train sont légèrement de trois quarts

Les pattes placées en équerre créent un effet de perspective

Les cornes, l'une rectiligne, l'autre en accolade, lui confèrent une attitude agressive

L'oeil surligné d'un arc de cercle rend le taureau vivant

 

Le cerf bramant

 

Le cerf bramant, avec une grande ramure, est représenté au moment du rut

Son pelage brun correspond à l’automne ou à l’hiver, saisons où cet animal très puissant et solitaire rejoint la harde pour l’accouplement

La surface calcitée blanche renvoie la lumière qui apparaît comme une deuxième couleur

Toutes les peintures à Lascaux sont réalisées à base d’oxyde de fer et de manganèse : ocre brun, ocre rouge et ocre jaune

Une fois broyés les pigments étaient mélangés à du sable ou à de l’argile puis additionnés d’un liant pour les rendre adhérents à la paroi

 

 

 

La vache rouge à tête noire

 

On l’appelle aussi la vache à collerette. Elle représente l’archétype des figues à Lascaux.

On retrouve les pattes avec une zone en réserve pour donner de la profondeur, les cornes en accolade, une oreille pointue et l’autre cachée.

Deux traits marquent l’épine dorsale

Cette figure a été peinte sur le plafond. (La chapelle Sixtine de la préhistoire selon l’abbé Breuil)

Pour atteindre les parois en partie haute des échelles ou des échafaudages ont dû être aménagés

Les chevaux chinois

 

Le cheval ressemble à ceux que l’on trouve aujourd’hui en Mongolie

Les petits sabots en forme de boulet et le tamponnage pour la crinière en brosse sont caractéristiques des chevaux de Lascaux

Le pelage est très marqué avec une zone laissée en réserve qui fait apparaître la calcite et souligne sa robe jaune ocre en forme de M

Le tracé est très fin

L’allure du cheval est l’amble, entre le pas et le trot. Elle consiste pour le cheval à avancer simultanément les deux jambes d’un même côté

Cela dénote un sens de l’observation. Il faut avoir le temps de comprendre l’allure d’un cheval, de la décomposer puis de la reproduire sur la paroi

La figure rectangulaire peinte au-dessus du cheval s’apparente à un blason

Deux formes géométriques semblables à des branchages, l’une à l’avant, l’autre sous son ventre. S’agit-il de représentations de la végétation ? Les animaux ou les végétaux qui faisaient partie de leur quotidien en termes d’alimentation sont absents des peintures. Ils n’ont peint ni arbre, ni soleil, ni lune.

 

 

La frise des poneys

 

Cinq poneys semblent se reposer sur une ligne imaginaire. Leur position suggère un mouvement organisé. Le groupe se dirige vers la droite.

La surface étant inadaptée à l’usage du pinceau les poneys ont été peints par tamponnage et par soufflage pour bien couvrir la surface

 

 

La vache tombant

 

La vache semble sauter par-dessus les poneys à moins qu’elle ne se roule par terre ce que pourrait laisser supposer le mouvement inhabituel de son arrière-train

Les zones en réserve au niveau des pattes amplifient le rendu du mouvement

L’ondulation de la queue qui semble esquiver les poneys anime la figue à la tête tendue en avant. Cette vache semble vivante

 

 

Les deux bouquetins

 

Deux bouquetins se font  face. Celui de gaauche est un mâle à en juger par ses grandes cornes. Sa couleur brun foncé s’apparente à un pelage d’hiver. Celui qui lui fait face a un pelage brun clair, celui du printemps ou de l’été

Les deux figures sont simplifiées. On lit parfaitement les cornes et la croupe avec la petite queue du bouquetin noir. Ses pattes avant sont à peine esquissées et ses postérieurs n’ont pas été représentés.

L’image du bouquetin ocre de droite est plus complète mais moins aboutie dans sa mise en œuvre

 

 

 

Le grand taureau noir

 

Le grand taureau noir, puissant, majestueux recouvre deux vaches rouges

La première est presque entièrement intégrée au taureau à l’exception de ses pattes arrière

L’autre petite vache rouge, enserrée dans le postérieur du taureau, est inachevée

La technique du pochoir a été employée

Le cheval renversé

 

C’est la seule figure ne pouvant être vue en une seule fois. Il faut contourner la paroi pour découvrir la croupe du cheval sur le retour de celle-ci

Les proportions de cette figure une fois déroulée, (grâce à l’informatique), sont justes

Les peintres ont réussi à reproduire dans un boyau extrêmement étroit une figue renversée dans sa globalité sans la voir entièrement

S’agit-il d’un animal tombant d’une falaise ? La position rabattue de ses oreilles et ses naseaux dilatés lui confèrent une expression paniquée

 

 

La tête de vache rouge gravée

 

La petite tête de vache mesure à peine 20 cm. Elle est peinte en rouge et les contours sont gravés.

De nombreuses traces de pigment que l’érosion est venue altérer ( une source coulait dans ce secteur

Le cheval barbu

 

Finesse d’exécution remarquable

L’animal semble vivant, tracé d’un trait profond, sans repentir

Le souffle paraît sortir des nasaux de ce cheval bien proportionné

L’utilisation du relief pour dessiner l’œil et la mâchoire, l’encolure étirée et les narines semblant humer l’air renforcent l’impression de vie qui émane de ce cheval

Le cheval est emblèmatique de Lascaux (60% du bestiaire).

D’un cheval à l’autre on retrouve le corps trapu, la tête massive, la crinière en brosse, les petites oreilles pointues dressées, les jambes avec une zone laissée en réserve, les sabots en boule.

Le cheval n’est pas représenté de manière statique mais dans un mouvement d’élan ou de saut, les jambes en extensions ou repliées

 

 

Le panneau de l’empreinte

 

Le bison qui regarde vers la droite semble percé de flèches

On retrouve cette technique des pattes avec un tracé laissé en réserve pour suggérer le mouvement

 

 

La frise des Cerfs nageant

 

Quatre cerfs peints en noir et le cinquième est ocre. Les  peintres ont-ils voulu le mouvement décomposé d’un même cerf traversant un cours d’eau ? Le cerf est un animal grégaire se déplaçant le plus souvent en harde. Est-ce le troupeau franchissant une rivière ? L’attitude des cerfs, la tête en l’air, le museau relevé, évoque le mouvement d’un animal dans l’eau.

Cette impression est renforcée par la ligne imaginaire sur laquelle les cerfs sont placés, donnant une assise à la composition.

 

 

La vache noire

 

Tracé de profil l’animal s’anime sur la paroi grâce à ses fines pattes en extension posées sur un sol imaginaire et à ses graciles cornes aux formes ondulantes

Les chevaux sont très présents, regardant vers l’entrée de la grotte

Les deux bisons adossés

 

Habileté des peintres à  tirer parti du modelé de la paroi pour rendre un effet de perspective

Ils ont utilisé un renfoncement pour peindre la croupe des animaux, créant ainsi un effet de profondeur

Le corps de profil et la tête légèrement tournée de trois quarts ajoutent mouvement et dynamisme à cette composition

 

La scène du puits

 

Cette composition comporte une des très rares représentations humaines de l’art pariétal

On voit un homme tombant sous la charge d’un bison, lui-même éviscéré par ce qui pourrait être une lance. Est-ce une scène de chasse qui a mal tourné ?

Le bâton surmonté d’un oiseau pourrait être un propulseur

Le caractère simplifié de cette figure aux corps et aux membres à peine esquissés contraste avec le rendu très abouti des figues animales

Attitude d’intimidation de l’animal blessé, la tête rentrée et les pattes antérieures légèrement en retrait, prêt à charger la figure devant lui

Les représentations humaines connues sont souvent des figues féminines évoquant la fertilité

Face à une telle maîtrise artistique dans la peinture des figures animales la non-représentation de l’homme ne peut être que volontaire

 

LASCAUX en quelques dates

 

-20.000 ans : ornementation de la grotte par des artistes du solutréo-magdalénien

 

Septembre 1940  : découverte de la grotte de Lascaux par quatre adolescents

 

Juillet 1948  : inauguration officielle de Lascaux et ouverture massive au public

 

Avril 1963  : fermeture de la grotte au public sur décision du ministre André  Malraux en raison de l'altération des parois due au rejet de CO2 par les visiteurs

 

15 décembre 2016  : Ouverture de Lascaux IV